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Lucas, rêveur invétéré, mène une vie tranquille de cadre moyen provincial plutôt bien dans sa peau. À quarante ans cependant, son quotidien lui pèse chaque jour un peu plus sans qu'il puisse en cerner les causes exactes. Heureusement, il se réfugie dans ses rêves au cours desquels il poursuit inlassablement une belle inconnue... Pendant ce temps, Solveig traverse une mauvaise passe avec Jacques, un mari rongé par l'alcool. Elle fuit son mal de vivre grandissant en se connectant à des salons de discussion sur Internet... Deux parcours personnels que rien ne rapproche et pourtant... Au fil du récit, l'auteur promène le lecteur entre rêve et réalité si bien que la frontière entre le réel et l'imaginaire devient de moins en moins perceptible.

Extrait

- Toujours est-il, mon cher Lucas, que si je vous ai convoqué ce matin, c'est pour vous donner prioritairement la teneur de ma décision. - Quelle décision ? Je commençais réellement à m'interroger sur la nouvelle que mon patron se préparait à m'annoncer. - Eh bien, avec l'accord des actionnaires, j'ai vendu la Bonbœuf à Viandeco ! Le verdict venait de tomber. Il me faisait l'effet d'une énorme cloche tombant d'un dôme. Je ne m'attendais pas du tout à cela. Un nouveau silence interrompit notre entretien. Accusant le coup, je m'affalai dans mon fauteuil car il s'agissait bien d'une terrible nouvelle. Cette dernière était au nombre de celles qui ont le don de remettre en cause vos certitudes acquises. Surtout qu'avec mon expérience, je croyais être définitivement endurci contre toutes les épreuves. Quelques secondes plus tard, la nouvelle était digérée. Alors, me dressant rageusement sur mon fauteuil, je repris la discussion de plus belle. - Viandeco, vous avez perdu la tête ! Leur politique commerciale est diamétralement opposée à la nôtre. Nous sommes positionnés sur des produits de qualité, alors que chez Viandeco ils n'ont qu'une idée en tête : vendre beaucoup et pas cher. La qualité, ils s'en foutent. Je ne vous comprends pas. J'ai l'impression qu'on marche à l'envers ! - Justement, détrompez-vous, à l'avenir ils veulent se repositionner sur la qualité. - Ben voyons, comme par hasard ! - Arrêtez, Lucas, votre ton devient impertinent ! - C'est plus fort que moi, patron, mais laissez-moi vous dire que je suis convaincu que vous faites une erreur monumentale. Je suis en complet désaccord avec votre décision. - De toute façon, elle a été prise, et en plus, non seulement Viandeco offre un prix très intéressant, mais l'accord prévoit le maintien de tout le personnel en place. Une analyse rapide de la situation me poussa à réagir fermement à cette décision contre laquelle, d'ailleurs, il n'y avait manifestement plus rien à faire. Je perçus alors la dimension quelque peu tragique de la situation, par rapport à ma vie qui s'écoulait jusque-là tranquillement. J'étais en face d'un dilemme : me coucher et ramper, ou rester debout et partir. Sans hésiter, pour une fois, je choisis la deuxième option. Je pris mon courage à deux mains et, d'un ton pas peu fier, j'annonçai au patron : - Ça sera sans moi ! Et comme dans une scène de cinéma réaliste, je sortis en claquant la porte. Sans dire au revoir à qui que ce soit, je dévalai les escaliers, enfilai les couloirs direction la sortie. À vrai dire, je pris quand même le temps d'adresser un grand sourire à l'hôtesse d'accueil dans le hall. Elle s'appelait Mireille et tous les hommes de la Bonbœuf fantasmaient sur elle, moi y compris évidemment. Je pensai, en passant devant elle, qu'elle serait la première perte liée à ma démission. Une fois dans la rue, je pris le temps d'inspirer une grosse bouffée d'air. Malgré l'aspect quelque peu dramatique de la situation, un sentiment agréable m'habitait. J'avais une curieuse impression du devoir accompli comme si, au bout du compte, j'avais fait le bon choix ?

 


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