mardi 07 septembre 2010
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La Hutte de Brigit

Maryse BOUZET


Croissez et multipliez

Caroline CHARRIER

 

Reviens avec le vent

Gwénaëlle MOULLEC-LE THERISIEN
 
Sang d'encre
Roman policier
-5 %
 19.95 € 21.00 €
Envoi sous 48 heures

Peut-on se remettre d'un drame qui a bouleversé sa vie ?

Un secret de famille, la disparition d'un père, leur nom traîné dans la boue...
Zoë a quitté Brest et ses souvenirs pour commencer une nouvelle vie avec son fils à New-York. Mais un bijou refait mystérieusement surface, et avec lui le passé de Zoë. Que s’est-il vraiment passé ce jour d’automne pluvieux ? Son père a-t-il vraiment tué son meilleur ami ? Célèbre navigateur, a-t-il choisi de disparaître en mer, rongé par la culpabilité ?
De retour en Bretagne, Zoë enquête au risque de blesser davantage sa famille, de mettre en péril son couple et son enfant. Elle réalise que tout a commencé bien plus tôt, avec une bande d’amis insouciants sous le soleil d’un été croate.
Jusqu’à quel point nous ment-on pour nous protéger ? La vérité risque de devenir dangereuse...
Une histoire passionnante dans des paysages océaniques balayés par le vent, au cœur d’une terre rude et austère qui cache bien des mystères.
 
 
330 pages.

 

 
 
Extrait

 Split, Croatie, 1982

C’était le temps de l’insouciance, des éclats de rire. Le soleil venait de se lever sur la Méditerranée, et ses rayons encore doux caressaient la peau de la jeune femme installée à l’avant du catamaran. Adossée au mât de la grand-voile, elle regardait droit devant elle, les cheveux au vent, serrant contre sa poitrine sa petite fille de quelques mois.
Derrière elle, ses amis déjeunaient au son d’une radio grésillante et discutaient joyeusement de la partie de pêche qui s’annonçait.
C’était le temps du bonheur, et personne, pas même elle, ne vit l’arrivée de nuages gris et menaçants dans un coin du ciel.
Elle se retourna, aperçut son ami, lui sourit. Il lui adressa un signe de la main.
Ils avaient toute la vie devant eux, elle pensait que le pire était passé.
Le vent se levait peu à peu, gonflait les voiles, tendait les drisses ; le catamaran qui longeait les côtes dalmates reprenait un peu de vitesse, après une nuit calme et paisible.
Ils avaient encore dix jours devant eux pour explorer le pays et naviguer jusqu’à Dubrovnik plus au sud. Ce soir, ils feraient escale à Split.
C’était le temps des sourires, et elle ne savait pas que c’était la dernière journée qu’elle passait avec sa fille.
 
***

New York, 2008
 
Zoë ferma les yeux, fortement, puis compta jusqu’à 10. Si le goéland était encore perché sur le mât quand elle les rouvrirait, c’est sûr, une mauvaise nouvelle allait arriver dans la journée. 1, 2, 3… Elle restait concentrée, énumérant mentalement les chiffres. La lumière du jour, puissante, arrivait à s’infiltrer derrière ses paupières, distillait sa clarté, l’empêchait de sombrer dans l’obscurité totale. Elle savait que la vie était là, au dehors, il lui suffisait de rouvrir les yeux. 8, 9, 10… Il lui semblait qu’elle tournoyait, comme ivre après avoir trop tourné. Elle ouvrit les yeux. Le goéland n’était plus là. Elle sourit, contente de ce bon présage, plongea la tête en arrière, offrant son visage aux premiers rayons de soleil qui pointaient sur Manhattan.
Ce petit jeu, elle y jouait souvent. Tous les jours pratiquement. Si le feu passe au vert d’ici trois secondes, tout ira bien aujourd’hui. Si c’est l’ascenseur de droite qui arrive en premier, c’est un bon signe. Croyait-elle à ces superstitions ? Non, pas vraiment. Mais avec les années, c’était devenu un rituel, une manière de se rassurer. Comme dans le film La haine, où le héros se répète comme un mantra : « jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien ».
Elle jeta un œil autour d’elle. Les gratte-ciel qui surplombaient South Street Seaport, dans le Lower Manhattan, l’impressionnaient toujours autant vus du port, comme la première ligne de fantassins qui en laissait entrevoir des dizaines d’autres.
Ces monstres d’acier et de verre, on s’y habituait, une fois en plein Midtown. Mais de les voir si près des bateaux, de l’océan, de l’air salé, semblait à chaque fois à Zoë un véritable anachronisme. Comme si la ville, immense, monstrueuse, avait épargné quelques mètres dans son expansion sans fin et laissait entrevoir qu’un jour, il y avait eu une plage à cet endroit.
Pourtant, les villes et ses constructions audacieuses, tentaculaires, elle y était habituée. Elle était étudiante en architecture à Paris, avant d’échouer sur les bancs du campus de Columbia trois années auparavant. Puis sur les chaises de bureau high-tech du cabinet Bowman’s and Clark, sur Water Street à quelques blocs de là...
 


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