mardi 07 septembre 2010
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Bial, Cité en danger

Jacques FRAGNIÈRE


L'Évangile des damnés - Chapitre 1 - Le cinquième Maître du sang

ALICK

 

La Hutte de Brigit

Maryse BOUZET
 
Plumes d'encre
-5 %
 13.30 € 14.00 €
Envoi sous 48 heures
Mélina, secrétaire de mairie dans une petite commune creusoise et Jean-Philippe, responsable du patrimoine dans une communauté de communes du Cher, sympathisent au cours d’un stage au Centre National de la Fonction Publique territoriale de Limoges. Un lien très fort va naître entre cette jeune femme et l’homme cultivé et volontaire qui lui révèle l’énigme de la hutte de Brigit.
 
Au temps des Gaulois, Brigit était la protectrice de la rivière la Damone qui source dans la Marche et chemine jusqu’au Berry. La divinité la parcourait à longueur d’année, s’arrêtant dans chaque village traversé pour festoyer avec les habitants. 
 
Naviguant entre la tendresse et l’amour, Jean-Philippe et Mélina font revivre cette tradition celtique au cours de voyages festifs et gastronomiques.
 
Le quotidien des communes rurales, avec ses élus et ses agents tous très différents, défile en toile de fond de cette fresque romanesque.
 
150 pages.
Extrait

 Grâce à quelques histoires un peu difficiles, j’étais vaccinée contre l’amour. Les hommes étaient des amis, jamais des amants. Je recevais souvent les confidences de femmes à qui des hommes avaient prononcé des phrases contenant des allusions à une possible aventure. Je ne triturais jamais les textes masculins pour en ressortir un quelconque sous-entendu. Si quelques remarques étaient suffisamment claires, je ne les comprenais pas. Mes relations avec mes compatriotes m’en semblaient facilitées. Un respect et une estime mutuels. Aucune ambiguïté.

Je pensais souvent que la situation du moment allait se prolonger indéfiniment. Comme un arrêt sur image. J’étais persuadée que cette relation avec les hommes ne se terminerait qu’avec ma mort. Certaine de ne plus jamais être amoureuse, je n’étais jamais en concurrence avec les autres femmes et rarement dans la séduction. Seuls mon esprit vif et mon humour pouvaient me distinguer de la masse. J’en éprouvai une grande sérénité.
Sur le trajet du retour, je me surpris à imaginer Jean-Philippe occupant une place importante dans ma vie. Je luttai contre cette spéculation. Je savais trop où elle pouvait me mener. Le meilleur remède à la rêverie était le travail. Aussi, dès le lendemain, je repris ma routine quotidienne qui commençait à l’entrée dans mon bureau, le matin. J’avais promis à mon nouvel ami de noter mes occupations de cette journée pour qu’il puisse comprendre la variété des tâches qu’exécutait une secrétaire de mairie. Je savais que ma réapparition au bureau après trois jours d’absence ne me promettait aucun répit.
À sept heures cinquante, j’arrivai au travail. Comme d’habitude, quand j’eus mis la clé dans la serrure, je m’imaginai ouvrant la porte d’un vaisseau spatial et pénétrant à l’intérieur. Dans le cockpit, j’appuyai sur les boutons qui mettraient en fonctionnement l’ensemble des machines : ordinateurs, imprimantes et photocopieuse. Pendant que les appareils se réveillaient, je rangeai mon sac et ma veste dans le vestiaire. J’écoutai le répondeur me délivrer les cinq messages qui lui avaient été confiés. Le traître indiquait l’heure d’enregistrement. Deux Labergantais avaient téléphoné après vingt heures la veille. Dans ma navette, j’allais bientôt décoller pour un voyage intersidéral. À partir de huit heures trente, je perdrais la maîtrise de mon emploi du temps. Il faut réserver un tiers de son agenda pour l’imprévu, avait dit la formatrice, au cours du stage sur la gestion de son temps que j’avais suivi trois ans plus tôt. Tu parles !
J’étais d’humeur rêveuse. L’image de Jean-Philippe s’était faufilée au milieu des pages du cahier des charges pour le marché de la collecte et le traitement des déchets dont j’avais commencé la rédaction le matin. Elle s’était immiscée dans la demande de carte grise et dans l’autorisation d’ouverture d’un débit de boisson temporaire que j’avais traitées. Elle s’imposait à moi à tout moment. Il fallait réagir. Je ne pouvais pas me laisser distraire aussi facilement. Mes activités nécessitaient une attention constante. La quadragénaire que j’étais n’allait pas être amoureuse comme une midinette. Ce n’était pas possible !
 


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