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Une addiction salée

Pierre BRU


Si vous saviez ! La rue, une réalité

Thierry VELU

 

Les Arcanes de la Papauté - Tome 1 de Tourmente au Vatican

Pierre BRU
 
Sang d'encre
-5 %
 20.90 € 22.00 €
Envoi sous 48 heures

 

Alors qu’il entreprend des travaux dans sa nouvelle résidence secondaire aux Arques, petit village dans le Lot, Marc Delprat, archéologue de renommée, fait une découverte extraordinaire. Mais quel secret vient-il de pénétrer ? Et qui sont ces personnages si puissants et cet Ordre religieux entre les mains desquels il se retrouve et qui se croient tout permis : séquestrations arbitraires, violences, et même mises à mort !

À travers un récit haletant, le héros va finalement percer un lourd mystère. Une énigme millénaire qui conduit immanquablement à la Papauté.

Il nous donne aussi, par là, l’explication jusqu’alors inconnue des vierges noires si nombreuses dans le sud de la France.

Mais que faire d’une telle révélation ? Dévoiler au monde l’inavouable ? Déjà faut-il qu’il échappe à ses ravisseurs.

 

Extrait

Vendredi 10 juillet 2009

Marc ne comprenait toujours rien aux événements. Il retenait sa respiration, attentif à ne faire aucun bruit.
Dans la pénombre d’une cavité naturelle de la roche, il se tenait accroupi devant un trou d’aération, regardant depuis une sorte de tribune et écoutant avec attention l’orateur qui, en contrebas, semblait subjuguer son auditoire. Trois personnes étaient présentes, toutes revêtues d’une longue cape de bure noire et un officiant habillé d’une longue chasuble pourpre. Tous dissimulaient leur visage sous une large capuche, comme en portent les religieux de certains ordres monastiques.
Soudain, à l’arrière de son cou, il sentit une pression froide qui le fit sursauter.
– Alors, monsieur Delprat, on espionne ?
Effrayé, Marc tourna lentement son visage en direction de l’homme qui avait chuchoté la phrase. Son cœur battait à cent à l’heure dans sa poitrine. Sa bouche était complètement desséchée. Il était sur le point de s’évanouir.
Une lampe torche lui aveuglait le visage, l’obligeant à cligner des yeux qui avaient eu le temps de s’habituer à la pénombre. Il finit par distinguer l’homme qui l’avait si brutalement abordé. Brun, chaussé de lunettes noires et arborant une fine moustache et un bouc, ce dernier portait un costume noir, une chemise blanche et une cravate noire. Il s’était redressé et braquait un Sig Sauer 9 mm parabellum en direction de Marc. Derrière lui se tenait un autre homme vêtu de la même façon. Lui aussi le menaçait du même modèle d’automatique. Il semblait être son subordonné. Tous deux étaient équipés d’une oreillette du type de celles que portent les gardes du corps des grands de ce monde.
Celui qui paraissait être le chef des deux hommes en noir pencha sa tête vers le revers de son veston où était sans doute dissimulé un micro :
– Nous avons de la visite !
Au même moment, des hommes habillés comme ceux qui le tenaient en joue surgirent dans la salle. Il y en avait un ou deux par membre de l’auditoire. Ils précipitèrent leur protégé fermement vers la sortie en lui faisant baisser la tête d’une pression de la main. Dans le même temps, ils déployaient, entre Marc et l’homme dont ils assuraient la protection rapprochée, des pare-balles dissimulés dans ce qu’on aurait pu prendre au départ pour des attachés-cases. En un instant, la salle en contrebas de l’endroit où se trouvait Marc fut évacuée avec une efficacité toute professionnelle. La scène était assez incompréhensible et Marc se demandait maintenant pourquoi un tel affolement.
– Debout, monsieur Delprat ! Il va falloir vous expliquer !
– Comment connaissez-vous mon nom ?
– On est là pour ça. Ici on connaît tout de tout. Rien ne peut nous échapper !
– Qu’est-ce que cela veut dire ?
– C’est pas toi qui poses les questions, c’est nous ! Mets tes mains dans le dos que je te passe les menottes !
–  Mais vous n’avez pas le droit !
Les deux hommes partirent dans un éclat de rire et celui qui paraissait être le plus gradé des deux ajouta en désignant du menton la salle maintenant déserte :
– Ici, il n’y a pas de droit. Le droit, c’est eux et nous !
Marc, devant tant d’arrogance et de certitude, se résigna très vite et se laissa menotter. À quoi bon résister face à deux hommes déterminés et lourdement armés.
– Allez, avance !
Marc se retrouva poussé vers un vieil escalier taillé dans la roche et qu’il n’avait même pas deviné, tant la tribune aux dimensions d’une cellule de moine était sombre.
L’homme qui le suivait éclairait ses pas de sa torche électrique puissante afin qu’il ne tombe pas, d’autant plus que les marches semblaient quelque peu glissantes.
Ils débouchèrent dans la pièce où, quelques minutes auparavant, se tenait la réunion. Avec son expérience d’archéologue, Marc reconnut au premier coup d’œil qu’il s’agissait d’un temple antique taillé dans la roche et dédié au culte de Mithra : un mithraeum des débuts de l’ère chrétienne.
La salle n’était éclairée que par des chandelles, mais on pouvait bien distinguer les typiques banquettes de pierre disposées tout autour de la pièce ainsi qu’un autel taurobolique de marbre parallélépipédique comme dans la plupart des temples découverts à ce jour. Sur celui-ci, trônait bien en évidence une statue d’une Vierge allaitante.
Une bourrade dans le dos lui rappela son statut de prisonnier.
Le ton venait de changer.
– Dépêche, on n’est pas là pour la visite !
– Où m’emmenez-vous ?
– On t’a déjà dit que c’est nous qui posons les questions. Alors, la ferme !
Et pour faire avancer plus vite son prisonnier, l’homme, le canon de son pistolet dans les reins de Marc, le poussa dans le dédale de galeries plus ou moins naturelles éclairées d’ampoules électriques et qui semblait s’étendre à l’infini.
Après avoir tourné dans diverses directions, le petit groupe descendit les marches d’un escalier étroit qui se terminait par une grille ouverte.
Marc comprit très vite qu’il s’agissait d’un cachot.
Il pénétra dans la pièce taillée dans le roc. Au fond, sur une banquette de pierre, était disposé un matelas.
– Tu t’installes, on viendra s’occuper de toi demain.
– J’exige des explications ! Je veux voir un responsable !
– Tu sais que tu commences à nous les briser avec ta grande gueule ? Alors, ferme-la si tu veux pas qu’on te laisse pourrir dans ce trou, connard !
Les sbires enlevèrent les menottes à leur prisonnier et refermèrent la grille derrière eux. Le grincement des gonds rouillés et le cliquetis des clés glacèrent Marc d’effroi. Il ne comprenait vraiment rien à l’affaire et tentait maintenant de se persuader que c’était un affreux cauchemar.
Bêtement, il se pinça. La douleur ressentie lui fit admettre la difficile réalité.
Envahi par l’angoisse, il n’eut d’autre ressource que de s’allonger sur le matelas de mousse qui paraissait n’avoir jamais servi. Parcourant du regard la voûte en pierre du réduit, il tenta de comprendre ce qui lui arrivait en remontant depuis le moment où il avait pris ses vacances.
 


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