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L'âme dans le vestiaire (commande pour la France)

Ève-Lyne MONNIÉ


Rosa l'Aragonaise

Jean-Marie ROY

 

Khabas - Le Messager des étoiles - Opus 3

Jacky SOURISSEAU
 
Encres insolites
science-fiction
-5 %
 19.95 € 21.00 €
Envoi sous 48 heures

 De nos jours, Richard Rosslyn, un petit libraire français, parti s’installer, pour des raisons obscures, à New York, se voit contraint de délaisser pour un temps indéfini la femme qu’il attendait depuis près de quinze ans… En effet, suite à la rencontre de monsieur de Valville, un éditeur, à qui il avait proposé son manuscrit dans lequel les héros utilisent des transferts de conscience pour voyager dans l’univers, les deux hommes s’unissent pour résoudre ce problème. Des expériences fructueuses sont réalisées dans ce sens et notre héros est bientôt convoqué par cet aréopage. À partir de cette découverte, l’exploration du cosmos se développe à une vitesse vertigineuse, accélérée par l’aide précieuse du peuple Zer-Kham. Notre héros va alors être amené à effectuer une enquête intergalactique, parsemée d’embûches et d’énigmes à résoudre. En effet plusieurs de ses clones ont été assassinés. 

Les deux premiers tomes de cette trilogie, Un enfer de glace et Les clés d’Alohis entraînent Richard Rosslyn dans de bien périlleuses aventures au cours desquelles il découvre un univers habité par des peuples plus étranges les uns que les autres. Aidé de ses amis, Angel et Roaksana, il affrontera un ennemi prêt à tout pour contrecarrer ses projets, et l’empêcher d’atteindre son but.
 
Dans le troisième tome de cette trilogie, Le messager des étoiles, alors que tout est réuni pour continuer l’aventure, Richard est subitement appelé au chevet de son père mourant.
Va-t-il venir sur Terre avec ses amis ?
Ce dernier tome conclura cette trilogie par une fin magistralement menée, dont l’originalité ne pourra vous laisser indifférent, le tout écrit dans un style non dénué d’humour.

KHABAS est sans conteste une œuvre remarquable, digne de faire partie des plus passionnants romans de science-fiction de notre époque !

Extrait

Nous étions là, en ce soir du mois d’août, en compagnie du toubib qui ne nous laissait aucun espoir. Les yeux de mon cher papa brillaient du désir de partir, il souriait même un peu, semblant nous dire que tout était accompli pour lui. C’est alors qu’il me fit un petit signe. Je m’approchai de lui et m’assis sur le bord de son lit. Il m’agrippa de sa main calleuse et m’attira à lui. Je vis les détails de sa peau froissée par les ans, comme les pages d’un vieux grimoire qui cacherait dans ses lignes de vie tous les secrets du bonheur. J’ai beau chercher, je ne vois rien à lui reprocher.
Sa voix des derniers instants tremblait comme les lamentations d’un vieux bonze :
– Richard, mon petit, demande au reste de la famille de sortir un instant.
Je m’exécutai sans comprendre et revins vers lui :
– Que se passe-t-il, papa ?
– Tu le sais très bien, je vais enfin bientôt savoir.
– Ne dis pas de bêtises.
– La bêtise, c’est l’aptitude au bonheur, c’est d’Anatole France, je crois. Et toi, Richard, te souviens-tu de l’avoir atteint, le bonheur ?
– Oui, je crois. Quelle drôle de question !
– Je parlais de tes plus lointains souvenirs, des premières heures de ta vie.
– Personne ne s’en souvient. Qu’essaies-tu de me dire ?
– Ta mémoire aurait pu être exceptionnelle.
– Ma mémoire ? Mon Dieu, pourquoi me parles-tu de ma mémoire ?
– Elle aurait pu m’aider, mais j’ai si peu à patienter. Vois-tu, Richard, il y a une chose dont je ne t’ai jamais parlé. Ta naissance ne s’est pas très bien passée, ta mère a souffert pour te mettre au monde car le cordon t’étranglait.
– Ce n’est pas une chose si rare.
– Ce n’est pas tout. Le gynécologue, après t’avoir mis au monde, te tapait sur les fesses comme cela se fait habituellement, mais tu restais muet devant ta mère qui s’affolait. Tu as été très vite placé en réanimation, avec des fils et des tuyaux branchés partout. L’équipe médicale courait en tous sens, les battements de ton cœur s’espaçaient, puis tout s’est tu. Le médecin t’a déclaré cliniquement mort. J’étais atterré et je redoutais la terrible réaction de ta mère. Je suis donc resté près de toi, en compagnie du chirurgien et des infirmières. Chacun y allait d’un petit mot de réconfort, et personne n’a quitté la pièce. Quand soudain, après six ou sept minutes, et je ne sais par quel miracle, les bips ont repris et tu as enfin poussé ton premier cri. Au bout d’une heure tout allait pour le mieux, et je suis parti rassurer ta mère qui n’a jamais rien su de cette histoire.
– Comment veux-tu que je m’en souvienne ?
– Je n’avais jamais osé évoquer cette terrible histoire, j’ai attendu ce moment, en égoïste, pour espérer, voire redouter, une réponse à la question que tout le monde se pose, mais tu ne te souviens bien sûr de rien, comment ai-je pu croire ?...
– Je vois, je suis désolé, le mystère restera entier.
– Tu ne connais donc pas la mort.
– Nous nous ignorons, elle et moi... Papa, à cet instant, tes images d’adulte, disons avancé, correspondent-elles à tes rêves d’enfant ?
– Non, pas vraiment.
– Tu es donc sur le seuil de celle qui t’attend.
– Merci de ta sincérité. Mais tu vois, j’ai réduit la mort à une croyance, alors qu’elle est une conclusion qui se prépare. On construit sa vie par rapport à cette limite, sans limite on fait n’importe quoi. Tu sais Richard, il m’est difficile d’imaginer que le monde va continuer sans moi. La déchéance, la pourriture de mon corps est si loin du bonheur que j’ai connu près de ta mère et de vous. Pourquoi ai-je été sage, puisque j’aurai le même sort que le fou ?
– Tu as été sage pour les autres.
– J’aurais voulu mourir dans les bras de ta mère... pour goûter au paradis quelques instants avant l’heure.
Sa voix est devenue de plus en plus faible, ses yeux se sont embués en évoquant son unique amour. Il murmura :
– J’aimerais que ma mort vous dérange le moins possible.
Puis il prononça cette phrase énigmatique :
– Je peux m’endormir car je sais que tu veilles.
Il s’endormit donc, paisiblement, et je rappelai le reste de la famille. Assis autour du lit dans un silence religieux, nous avons attendu en vain le réveil de mon père.
 


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