vendredi 19 décembre 2014
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Histoire d'un vol sans effraction

Elizabeth LAPIERRE


Un piolet dans les mogettes

Philippe MANJOTEL

 

Khabas - Les Clés d'Alohis (Opus 2 - Polar intergalactique)

Jacky SOURISSEAU
 
Encres insolites
Roman
-5 %
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De nos jours, Richard Rosslyn, un petit libraire français, parti s’installer, pour des raisons obscures, à New York, se voit contraint de fuir, pour des raisons encore plus obscures, la femme qu’il attendait depuis près de quinze ans…
Qui est-il ? Où va-t-il ? Que fait-il ? Qui fréquente-t-il ?
La réponse n’est pas banale…
Digne de la saga La guerre des étoiles, on retrouve dans ce roman les impressionnants vaisseaux spatiaux, les monstres de chair et de métal, les monarques absolus, les conflits interplanétaires et les batailles mouvementées dans des lieux imaginaires, mais aussi tous les ingrédients d’un bon policier noir et mystique. L’auteur, qui sait mélanger le réel et la fiction, les rebondissements et l’aventure, les personnages en tous genres et les sentiments, place son livre dans la catégorie des romans d’aventures, l’ensemble n’étant pas dénué d’humour.
Le personnage principal, sorte de Sherlock Holmes des temps futurs ou d’Indiana Jones des temps modernes, est suivi de près par ses deux fidèles acolytes dans la quête de la vérité. Trio de choc, ils remontent petit à petit les pistes semées d’embûches, où la recherche et l’ingéniosité des énigmes leur posent de sérieux problèmes.


Un enfer de glace, Opus 1 de cette trilogie, est résumé dans les premières pages de ce livre.


Dans l’Opus 2, nos trois héros poursuivent leur délicate enquête. Au travers d’aventures périlleuses, ils font la connaissance du monde bleu, rassemblent toutes les pièces du puzzle, et sont confrontés à moult autres péripéties. La mégapole d’X.S., où des peuples pratiquent des rites étonnants qui troublent notre héros, se révèle plus perverse que jamais. Les éléments essentiels sont mis en place : le ou les coupables sont identifiés, mais les motivations restent obscures...

Extrait

Le discours se poursuit ainsi :
- ... Comme nos ancêtres ont su ouvrir par le passé de nouvelles ères, le temps est venu aujourd’hui d’un nouveau dessein. Et je lance ce défi aux trois autres peuples de Mag Mélida...
Et, dévoilant le visage du mirmidon, il termine par ces mots, à la stupéfaction de tous :
- ... Ce soir, la nation du Midi envahira la vallée de la fécondité, car il n’existe pas de plus grand sacrifice que d’offrir son propre fils au culte d’Alohis.
N’écoutant que sa folie, le roi allonge le bambin sur la pierre, dégaine un glaive de sa ceinture, se place sur le côté de la table, face à nous, dresse l’arme au-dessus de sa tête, lève le regard, croise le mien et déclare subitement et sans sourciller :
- L’offrande n’en sera que plus entendue si un Référent, dignitaire parmi les dignitaires, exécute lui-même l’immolation.
Et de me tendre son glaive.
Je suis abasourdi, ma gorge se noue, mon intestin grêle fait du tricot, mon dos se glace, mes membres parkinsonnent, je n’en crois ni mes yeux ni mes oreilles. Ai-je bien mis mon réveil à sonner ? Je ne raffole pas des cauchemars.
La gent aborigène, après un moment d’étonnement, exulte inexorablement. Les cris et le grondement se propagent jusqu’à l’arrière des troupes. C’est de la folie, la foule loufoque folâtre comme une flopée de farfadets, les schlass surgissent de leurs fourreaux de fourrure fauve, les âmes se vendent à la fournaise de la confrérie luciférienne et méphistophélique des chauffeurs fourchus, les plus blasés brament mon blase, les plus calmes clament « qu’il clamse ! » (Si vous avez lu cette phrase sans accrocher, inscrivez-vous dans une école de théâtre).
Malgré l’assistance impressionnante, je ne me suis jamais senti aussi seul face à une décision cornélienne. Je ne peux assassiner cet enfant, et si je refuse, qui sait si je ne vais pas y laisser ma propre vie, face à tant d’excitation collective. Le major me glisse à l’oreille :
- Vous êtes dans la même situation qu’au Torana des nantis, ne vous laissez pas guider par vos émotions.
- Vous vous trompez, Roaksana, ce n’est pas le coupable qui me propose ce dilemme, c’est bien une idée du roi du Midi, tout ceci n’était pas prévu.
- Je crains le pire, Richard, exécutez-vous.
- Je ne le peux pas.
- Alors nous sommes perdus.
Les rois m’invitent par une haie d’honneur dont je me serais bien passé. J’avance enfin à pas comptés, en laissant derrière moi des amis sur lesquels je ne peux pas compter. J’arrive à la hauteur de l’autel, on me présente le glaive et je m’en saisis. C’est le moment de vérité, je dois choisir entre mes convictions et l’instinct de survie. Moi que l’on vient d’armer, je suis totalement désarmé, seul avec mon pouvoir, face à un enfant paralysé par la fatalité.
Je lève le cimeterre et le regard vers les cieux. La foule se tait subitement. Mon âme est un désert dans un désert. Non, monsieur Goethe, le plus grand des supplices n’est pas d’être seul en paradis, mais en enfer. Je tremble de tout mon être. Moi, l’impie, le mécréant, le profane, je me surprends à prier un fantôme : « Mon Dieu, tu n’existes toujours pas dans ma logique, mais ce soir je suis ton prophète, le prophète de ton mysticisme, pour l’éternité. Alors, exauce-moi et retiens mon bras au nom de ce sentiment d’évidence qui se meurt dans le néant divin, faute d’interlocuteur ».
Je baisse les yeux, l’enfant a fermé les siens. Je ne suis pas de ceux qui pensent que donner la mort peut donner la sensation d’un pouvoir sur la mort elle-même, je refuse ce privilège stérile. Tuer n’apprend rien sur le trépas. J’attends un signe, je dois me décider, je ne peux plus attendre.


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